| 1000 Funerals - Portrait Of A Dream |
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| Écrit par Goebbels | |||
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« Je suis vivant parmi des hommes, qui le semblent, et dont je sais bien qu'ils sont morts, aussi morts que leurs dieux. » Qui osera trouver mieux que ces confessions d’Albert Caraco pour introduire un groupe si funeste et si morne que 1000 Funerals ?
Un an auparavant, j’ai pu mettre mes mains sur le Best Of du projet iranien Avinar "Tribute To 7 Years Of Mourn" et la bonne impression qu’il a laissée m’a encouragé à découvrir le résultat de son aventure sous les toits doomestiques de ce Portrait Of A Dream.
1000 Funérailles, 1000 corbillards, 1000 cercueils mais encore 1000 délires tapissent le chemin de ce corps, sanglé entre deux chandelles. Toutes ces métaphores ronflantes sont galvanisées par un Doom atmosphérique très différent de ce qu’on a souvent vu avec Helllight ou même Saattue. Le groupe fait la part belle aux claviers et si cette entreprise vous parait vraiment risquée, je dirais, en l’occurrence, qu’elle est totalement réussie.
Les ombres d’Avinar défilent tout au long de l’écoute, notamment le premier morceau Igneous Lips qui ne peut passer sans rappeler son bijou Bey.ma Funeral. Dans, Your Fancy ou Portrait Of A Dream, le piano joue quasiment le rôle d’unique apport harmonique et pose une ambiance oscillant entre la nostalgie, le romantisme noir et le désarroi. Sur un autre plan structurel, les neufs minutes de Moon’s Heart donnent le temps pour 1000 Funerals d'amener ses contrées enneigées et de développer petit à petit une aura légèrement épique grâce à cette boite rythmique ne posant aucun problème tant qu’il n’existe pas ces simulations d’une double pédale effrénée. Cela veut dire, n’arrêtez pas la lecture ! Rien ne va empêcher les iraniens de vous ensevelir dans le linceul.
Ainsi, pour mettre le corps dans sa fosse, il est nécessaire que les autres membres du groupe ne soient pas en retrait. Alors, les growls de Licus E renouent avec les bases du genre tandis que les liturgies funéraires d’Afshin L. font découler la bière pieusement sur la poitrine du cadavre. Quant aux guitares, elles répondent aux louanges Funeral Doom sans s’inscrire toujours dans ce registre. Des riffs pesants dans la droite lignée de Qabr, ou pour faire allusion à une référence je dirais Mournful Congregation, évoquent un ciel orageux où le rire semble un crime.
Néanmoins, deux petits points noirs parsèment légèrement ce disque. D'une part, le spectre d'Avinar plane presque continuellement sur ces cinq chapitres. D’autre part, le chant manque parfois de souffle et ne sert guère les émotions surgies de l’album. Rien qui ne puisse réellement plomber les obsèques des Iraniens, mais qui les empêchent de se distinguer à mille de leurs cadets.
En conclusion, Portrait Of A Dream est une sorte de diamant brut à ne pas mettre entre les mains des néophytes. Cependant, ça me réjouit que, malgré son âge et son éclat, il n’ait pas fait couler beaucoup d’encre car comme disait Proust "L'art véritable n'a que faire de proclamations et s'accomplit dans le silence".
Tracklist : 1. Igneous Lips 2. Final Wish 3. Your Fancy 4. Moon's Heart 5. Portrait of a Dream
MySpace : www.myspace.com/1000funerals
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