• Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size
Accueil Reviews Chroniques (Français) Celeste - Misanthrope(s)
Celeste - Misanthrope(s) PDF Imprimer Envoyer
Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 
Écrit par Clément Marot   

  • Groupe : Celeste
  • Album : Misanthrope(s)
  • Genre : Postcore Misanthrope Blackisant
  • Pays : France
  • Label : Lifeforce Records
  • Année : 2009
  • Note : 15/20


Un après-midi j’ai téléchargé Misanthrope(s), de Celeste via Last FM, troisième album après Pessimiste(s) et Nihiliste(s). Vu les autres groupes auxquels il était comparé, vu les titres poétiques aves une douce tendance morbide, je ne m’attendais à rien de mieux qu’un groupe de post-hardcore tendance screamo (un peu comme Amenra) comme il en fleurit un certain nombre dans notre pays (Daïtro par exemple) qui aurait pu me distraire pendant un quart d’heure avant de passer à autre chose. Il y a un peu de ça, pourtant, la moitié de l’album passé, j’ai décidé de chroniquer ce Misanthrope(s). Ca faisait longtemps que je ne m’étais pas pris de baffe comme ça (pas aussi conséquente que celle infligée par Blutch tout de même), surtout à l’improviste.

Voyez-vous, nous n’avons pas à faire à un énième groupe reproduisant ce qui a été déjà fait par douze autres avant. Autant les sonorités postcore peuvent paraître déjà entendues, autant l’atmosphère chaotique créée devient vite étouffante, ceci dû à cette voix décharnée, à ces cymbales constamment frappées, on sature, l’air sature, alors que beaucoup de groupes de postcore jouent sur le côté progressif d’une musique calme aboutissant à une explosion, nous sommes ici dans une explosion quasi-permanente, un peu comme Tanen.

Le rythme est assez modéré, disons qu’il est aux normes du genre, mais ces cymbales sont omniprésentes, et cette voix malsaine… Finalement cette atmosphère qui en vient à tourner au malsain, au désespoir, notre subconscient nous suggère ironiquement : “C’est du black ?” Ha ha ha ! Non non faut pas exagérer, c’est quand même pas possible dans ce genre de musique jouée par des mecs souvent impliqués dans l’emocore.

Vous êtes à peine rassuré que déboule Toucher ce Vide Béant Attise ma Fascination °_° vous retombez le cul dans votre fauteuil ! Vindious ! C’est digne de Dissection une entrée en la matière comme ça ! Ou au moins d’un Chtonian, pour être plus modeste, en tout cas ça défouraille sec et laisse un sillon de peur, de crainte, dues à l’incompréhension de ce phénomène inattendu. Le temps d’admettre ce qui se passe, cette facette du goupe dévoilée, le démon intérieur s’est de nouveau caché dans le fin fond de la musique pour distiller à petite gouttes ses influences maléfiques. On retire donc les moqueries formulées précédemment à l’égard de nos mystérieux compatriotes qui viennent de nous prouver qu’ils disposent de plus d’une corde à leur échafaud.

Par la suite, l’album continue sa descente sans espoir mais avec une rage toujours virulente et vraiment poignante. Et puis les titres des morceaux sont quand même excellent (ne serait-ce pas Year of No Light qui est également friand de ce genre de titres à rallonges ?) En tout cas cela serait sans doute intéressant d’avoir accès aux textes… Par contre la voix, je ne vous cache rien, il se peut qu’elle vous gonfle, ce n’est pas spécialement mon cas, mais je pense que ça ne plaira certainement pas à tout le monde. Ce n’est pas la plus énervante que j’ai entendue dans le registre screamo puisqu’elle n’est pas si aigue que ça et qu’on se laisse imaginer qu’une partie de cette voix est black (pas forcément vrai mais la musique qui tend vers le black nous influence dans ce sens). C’est surtout qu’elle est omniprésente (si vous connaissez Tanen, je peux encore les citer pour exemple) et hélas ça nous empêche parfois de voyagez simplement sur ce postcore. Mais après tout, n’est-ce pas la volonté du groupe ? Faire une musique qui dérange avec des sons habituellement envoûtants utilisés ici pour au contraire nous scotcher au sol ? Plus grande en sera la déception, ainsi une fois résigné à ce triste sort, nous accompagnerons docilement la musique jusqu’à la fin du disque…

À la deuxième écoute, vous êtes averti du caractère black latent dans la musique de Celeste, donc vous vous rendez compte qu’il est en effet présent dès le début, vous ressentez ce démon caché au tréfond de l’âme du groupe et sa subtile influence, vous voyez le stratagème qui vous a piégé la première fois, il apparaît si évident que vous ne comprenez presque pas comment vous vous êtes fait surprendre. Le mécanisme sournois est bien camouflé, tel un virus informatique dans votre PC, il fera des dégâts avant que vous ne le remarquiez, à ce moment il sera peut-être trop tard. Heureusement, avec un album vous avez une deuxième chance. Une troisième même, autant que vous voulez, moi je crois que celui-ci n’a pas fini de tourner en boucle !




Tracklist:

01. Que des yeux vides et séchés

02. Comme pour leurrer les regards et cette odeur de cadavre

03. Toucher ce vide béant attise ma fascination

04. La gorge ouverte et décharnée

05. Il y aura des femmes à remercier et de la chair à embrocher

06. Mais quel plaisir de voir cette tête d'enfant rougir et suer

07. Une insomnie avec qui tout le monde voudrait baiser

08. À défaut de te jeter sur ta progéniture

09. ...anesthésié vos membres dans une orgie d'enthousiasme




Last FM : http://www.lastfm.fr/music/Celeste/Misanthrope%2528s%2529%2B2xLp%252FCd

MySpace : www.myspace.com/unhiverdeplus



 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

 

Retrouvez nous sur :

Newsletter

S'identifier



Derniers Commentaires