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Accueil Reviews Chroniques (Français) Dødheimsgard – Satanic Art
Dødheimsgard – Satanic Art PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par Gløp   

  • Groupe : Dødheimsgard
  • Album : Satanic Art
  • Genre : Black metal expérimental
  • Pays : Norvège
  • Label : Moonfog
  • Année : 1998
  • Note : 18/20


La science ne nous a pas encore appris si la folie est ou n'est pas le sublime de l'intelligence. [Edgar Poe]

Après deux premiers albums d’un black metal intéressant mais toutefois trop académique pour mériter de s’y attarder plus longuement, DHG créa la surprise un couple d’années plus tard avec la sortie de l’EP Satanic Art qui béatifie l’intégration de claviers et d’expérimentations électroniques dans les compositions du groupe.
Le faire-part constituait un certain avertissement ; sépulcres ternes et maléfices médiévaux congédiés, bienvenue aux funambules déséquilibrés, l’orphéon dionysiaque et les succubes insatiables.

Le couloir qui mène à l’opéra névrosé carillonne des vicieuses notes d’un piano au chant faux dont l’infernale ronde mélodique nous introduit aux portes de l’impie lieu.

Des voix schizophréniques, une nuée de riffs aux couleurs criardes qui serpentent à travers les tentures de blasts, sous les pressions mélodiques démentes de l’archet la salle du bal satanique distend sa géométrie fantasque. Les automates monstrueux stoppent leur danse infernale dans des postures absurdes, revient ce piano pernicieux, puis l’horrible soirée reprend son cours au gré de crescendos qui semblent transgresser à chaque seconde un point de paroxysme supplémentaire - tandis que les chutes sont elles toutes aussi terribles.

Bacchanale dans un palais de glaces déformantes, Satanic Art est un théâtre des horreurs où instruments désaccordés côtoient mélodies improbables. Voyage astral psychédélique, les pianos disharmoniques se frottent avec indécence aux riffs d’une autre réalité - pour un effet très étrange et enivrant -, pendant que les cris hallucinés tournoient, portés par l’effervescence d’une valse frénétique.

Les concepts d’harmonies sont bouleversés dans une musique à la texture en métamorphose perpétuelle et où l’intensité d’exécution est étourdissante "Traces of reality" ; mais le groupe étouffe avec un savoir-faire remarquable ces difficultés imposées, et affiche une maitrise complète dans cette ébauche déjà Œuvre expérimentale victorieuse.

Les quelques incursions électroniques, notamment sur les voix, sont une réussite ; discrètes, leur intégration se fait naturellement et elles servent avec justesse la perversité des compositions (peu surprenant, les claviers sont entre les mains de Zweizz, déjà coupable des délires avant-gardistes de Fleurety). Le rôle du piano est à exhiber, sa complainte désaccordée si particulière exhale miasmes aliénés et sardoniques, et bien que dans l’ombre de l’électrique - sans y paraître - il participe de façon primordiale à l’érection de cette atmosphère pathologique, caractéristique de Satanic Art. Sans doute la saynète la plus réussie de la discographie de Dødheimsgard, brève mais terrible convulsion jamais égalée.

Le piano luciférien clôt ce bal névrosé, "Wrapped in plastic", morceau déchirant qui annonce la fin d’une soirée trop courte où tout le vice bu n’a qu’attisé notre désir de maladie. Si seulement il y avait une prochaine…




A écouter :
Oneiroscope
Traces of reality




MySpace : www.myspace.com/dodheimsgard



 

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