| Interview Les Chants de Nihil |
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| Écrit par Goebbels | |||
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Décrire un groupe aussi particulier que Les Chants de Nihil s’avère en soi une épreuve singulière notamment en ce qui concerne le néant qui plane au dessus de leur première œuvre Les Six Leçons. Afin de dévoiler tous les mystères et l’hypnotisme marquant ces français, Jerry nous raconte l’histoire du groupe et la genèse de ses thématiques… Goebbels : Bonsoir Jerry ! Pouvez-vous nous présenter Les Chants de Nihil, et, comme Les six leçons est la pre mière expérience du groupe au sein du néant, pouvez-vous nous raconter la genèse de ce bébé? Comment voyez-vous les choses s'annoncer à son sujet ? Comment vous sentez-vous, avec cet enfant entre les bras ? Bonsoir Jihad LCDN au départ, c'était pas vraiment sérieux. On utilisait ce nom pour rassembler des enregistrements improvisés, reprises et autres délires... Et puis un jour on manquait de black atmosphérique, alors on a décidé de faire un album. On a composé 4 morceaux, et repris 2 anciennes compositions (Remède contre l'aliénation et Leçon n°4)... et puis on a tout enregistré sans trop se soucier de la qualité du son. On a gravé quelques CD-R sans prétention.. et puis un jour, Dernier Bastion a voulu produire ça. On pensait pas en arriver là, on sentait ce CD comme une sorte d'arrêt sur image d'une phase de notre adolescence, une sorte d'archive sonore nous concernant Mist et moi, rien de plus. Et l'album Tape a reçu de bonnes critiques au final... alors on a continué à travailler avec Dernier Bastion, tout en faisant comme si nos enregistrements s'ajoutaient un par un comme dans un album photo de famille. Goebbels : Le Nihilisme est un mot pour déterminer tout et rien. Nous l’avons vu chez les nihilistes russes, les Nietzschéens, les anarchistes, les Dadaïstes et pas mal d’autres écoles philosophiques et artistiques utilisant le même terme avec un grand nombre d’interprétations, parfois antithétiques. Pouvez-vous me faire part de votre vision du Nihilisme ? Qu’est ce qu’il présente à votre égard, et surtout sa liaison avec vos compositions ? Comme précisé plus haut, le nom « Chants de Nihil » ne correspondait pas à un projet musical sérieux au départ. Le lien entre la musique des CDN et le titre tient au fait que ça sort de ma tête... donc la conception artistique est uniforme. Le nihilisme se perçoit dans notre musique au travers des atmosphères je pense... des mélodies pas forcément compliquées, mais qui s'ancrent bien dans la tête, qui sont très évocatrices. En ce qui concerne les paroles, elles sont très exigeantes, absolutistes dans les mots ; mais dans le fond je ne fais pas de politique, ni ne parle très sérieusement... les paroles sont vraiment décalées, délirantes. Ce n'est pas moi que je fais parler dans mes textes... je mets en scène une sorte de moi idéal mais carrément irréaliste, pour la simple et bonne raison qu'il est nihiliste. Ma vision du nihilisme peut se résumer ainsi : ne se soucier de rien, parce que tout est matière et vide, donc on a aucun contrôle, il n'y a pas de lois, pas de raison d'être, pas de bien ni de mal. Le nihilisme c'est un matérialisme poussé à l'extrème ; inapplicable dans la vie en société. Goebbels : "C’est le nihilisme seul qui est constructif. Car le nihilisme est le seul chemin qui mène son homme à s’installer dans la chimère"- Jean Dubuffet Parfaitement. C'est ce « tout ou rien » que j'affectionne particulièrement. Mes textes, c'est l'histoire d'un bonhomme qui ne souffre pas, mais qui a un tel désir d'absolu qu'il en veut toujours plus, et qui n'a pas peur de tout écraser sur son chemin vers la victoire. Ce n'est pas la guerre, ce n'est pas « Black Metal ist Krieg ».... c'est la violence pour avancer, et la violence contre ceux qui n'avancent pas. Goebbels : La pochette de l’album est sans aucun doute aussi hypnotique que mystérieuse. Un prof de piano mettant ses mains dans la culotte de sa petite élève. Pas la peine, de souligner que ça n’a rien à voir avec la pédophilie ; or, j’aimerais bien savoir sa vraie évocation ? Quand on me dit que c'est de la pédophilie, forcément je réponds « oui », j'ai dessiné une mineure et un adulte. Mais j'ai dessiné surtout une mineure concentrée, et pour qui la seule chose importante est la beauté des sons qu'elle produit. Et j'ai dessiné un adulte qui transmet un pouvoir de création et qui se sent capable de donner sa vie pour faire de son élève la meilleure. La main entre les cuisses est là pour introduire le thème de l'éducation, très présent dans LCDN. La main est là pour faire comme si elle n'était pas là ! La fillette à qui on a jamais inculqué les valeurs morales qui nous entourent ne prend pas ça comme une agression physique. Il ne faut pas condamner pour autant l'adulte, qui sur mon dessin caresse la fillette pour la détendre, et pourrait très bien lui passer la main dans les cheveux de la même manière.
Goebbels : D’où est venue la première étincelle ? Qu’elle est la source d’inspiration d’un tel artwork ? Je ne sais pas pourquoi ça me fait penser au mouvement Dada avec des peintures traduisant le Nihil et « la violence constructive » ? Je voulais mélanger ce qui autour de nous est le meilleur et le pire, pour apporter plus qu'une note nihiliste... une note de relativisme. Pour dire que nos valeurs ne valent que notre éducation. La pochette des « Six Leçons » n'est en aucun cas la traduction d'une quelconque violence. C'est ce que je disais plus haut, à savoir que je prend le nihilisme comme un matérialiste absolu. Il n'existe rien de bien ni de mal dans la nature, on fait parti de cette nature, on est donc soumis à ses lois, on est responsable de rien. Il n'y a que la création qui nous fait quitter ce référentiel. Si rien ne se perd et rien ne se crée dans la nature, car la matière est éternelle et en mouvement dans le vide... on a la chance unique de pouvoir créer à partir de rien, d'imaginer, d'inventer, de délirer. La paranoïa et le rêve au-dessus de tout ; une main entre les cuisses en tant qu'acte purement physique ne vaut rien du tout. Le rapport entre le maître et l'élève est tellement supérieur aux interprétations d'un caresse mal placée pour les moralistes... Enfin, là je donne le message principal qu'évoque mon dessin. Dans notre société ce geste est condamné, et je ne remets pas du tout en question cette condamnation. Goebbels : Dans quel état général avez-vous composé ce disque ? En fait, je sais bien que vous avez voulu dépasser les frontières de la violence et le diabolisme du Black conventionnel vers des auras insistant sur les valeurs de la vie et de la liberté en général. Mais, la musique comporte une sensation froide, pour ne pas dire misanthropique, demandant un certain état d’esprit et une certaine concentration émotionnelle, n’est-ce pas ? Le diabolisme du black metal ne rentre pas une seule seconde dans mes directives ou mes textes. A ne pas confondre avec un anti-cléricalisme affiché, qui évidemment va de soi dans mes principes. En fait je justifierai l'utilisation du black metal, parce que c'est bien sur ça que la question met l'accent, pour apporter une forme de puissance que l'on retrouve dans aucun autre style musical. Je suis pas certain qu'il faille forcément se concentrer pour recevoir notre musique, parce que je suis aussi très joueur... je cherche sans cesse à dérouter par des textes absurdes ou des métaphores tordues. En plus je veux que ma musique soit audible aussi bien en cherchant à comprendre les textes et en se concentrant dessus, que en musique de fond divertissante. Le froid de la musique, c'est certainement un effet pervers et ce n'est pas forcément ce que je recherche. Mais chaque titre est une pièce, et puisque c'est une « locomotive humaine » qui parle, à force d'avancer sans se retourner pour toujours chercher le meilleur, à être le meilleur... on se retrouve seul. Goebbels : Haha, pardonnez-moi, mais mon imagination restreinte est incapable d’imaginer qu’il existe une personne pouvant sortir, après l’écoute des Six Leçons, plus optimiste avec un sourire plantée sur le visage ! Ce n’est pas ici une critique mais plutôt une affirmation soulignant l’étrange drôlerie entre l’atmosphère et les paroles, ce que je trouve déjà original à souhait. Comment élaborez-vous ce paradoxe entre le malsain de la musique et la noblesse des lyrics. Oui c'est un reproche qu'on nous a fait, à savoir de prôner des valeurs positivistes sur une musique plutôt décadente. C'est vrai en particulier sur « Le remède contre l'aliénation » et « Comme tu brilles ». Ce premier morceau évoque justement la perte de sang froid d'un type qui serait relativiste à fond, criant sur les médiocres et les plaintifs. Le dernier morceau est différent des autres, très doom, racontant l'histoire de la vengeance d'un homme contre son amante qui a corrompu son indépendance par les sentiments... ce que l'on appelle communément l'amour ! Mais je répète, ce n'est pas à prendre au premier degré, on est pas là pour dire : « ouai les sentiments c'est de la merde », on cherche pas à faire nos misanthropes. Ce sont des mises en scènes, du théâtre presque... Pour le reste des morceaux, la musique malsaine accompagne les textes regorgeant de rage ; qu'il s'agisse de l'histoire d'un nerveux perdu dans sa passion dévorante, ou d'un gamin ultra-violent cherchant l'incarnation humaine de la perfection. Les lyrics ne sont pas nobles la noblesse est encore une mauvaise habitude de plus dans notre société. Je ne parle pas de façon intellectuelle, je ne parle pas de philosophie, je ne fais pas de morale. Je laisse ça pour ceux qui veulent se rendre intéressant ; ce sont ceux qui en parlent le plus qui en savent le moins. Tout autant que le black metal satanique, je prends mes distances face aux misanthropes qui recrachent des phrases en pagaille tirée de livres auxquels ils n'ont rien compris. J'utilise des mots simples pour dire des choses – parfois incompréhensibles, comme dans « La Pratique au Service de la Théorie » - pour contribuer à l'atmosphère. Le narrateur change de morceau en morceau, sa façon de parler est différente aussi, en fonction de son âge, son sexe, son état d'esprit... Goebbels : L'aspect atmosphérique semble également indissociable de LCDN. Qu'est-ce que cette forme musicale-là apporte comme « valeur ajoutée » à la composition ? Puisque c'est théâtral, j'accorde beaucoup d'importance au « décor ». La composition d'un morceau commence justement par une ambiance qui me traverse l'esprit. Et même, il m'arrive souvent de trouver une phrase ou un groupe de mots qui m'inspire, et qui me pousse à composer un morceau autour de ce que ça m'évoque. C'est comme si je me retrouvais avec une seule couleur et une feuille blanche... je me débrouille avec ça, et je nuance pour que ça soit plus ou moins sombre. D'ailleurs quand on me demande quel style je fais avec LCDN, je réponds en général : « metal atmosphérique ». Goebbels : Le dernier titre "Comme tu Brilles" se révèle avec un aspect doomesque beaucoup plus présent que sur les autres titres. Dressez-nous rapidement s'il vous plait le processus de sa composition. Pourquoi ce changement léger du style ? C'est parce que ce titre a été composé et écrit par Mist, qui est assurément moins positif que moi. A l'origine c'est une improvisation qu'on a enregistrée lors d'une soirée alcoolisée. Puis pour sa lourdeur, on a refait se morceau pour terminer l'album de façon lancinante, un peu comme une berceuse apocalyptique. Pas pour faire peur, mais pour en ressortir blasé. C'est beaucoup plus concret que les autres morceaux, dans les textes et dans la musique moins originale. On peut aussi prendre ça comme une redescente sur Terre après des morceaux idéalistes comme les deux premiers. Goebbels : Peut-on considérer qu’il s’agit ici d’un pont entre Les Six Leçons et Ma plus douce vermine qui s’inscrit clairement dans un registre Black Doom ? Non pas du tout. Déjà parce que après « Les six Leçons » on a fait « De la Gloire » ; et parce que « Ma plus Douce Vermine » est une sorte d'annexe dans le travail des Chants de Nihil. Pour résumer un peu « Ma plus Douce Vermine », il s'agit de quatre morceaux improvisés que j'ai enregistrés en une semaine fin août 2008. Je dis annexe car j'ai fait ça sans la participation de Mist. Autant le dernier titre des « Six Leçons » est très grave et malsain, autant « Ma plus Douce Vermine » est chaud et sensuel. On a toujours ce son lourd et un peu froid de ma guitare, mais en ce qui concerne les paroles, elles n'ont jamais été aussi abstraites et surréalistes. Goebbels : Quelle est la chanson que tu préfères dans ce disque ? Quel est celui qui t'a demandé le plus de travail ? Je viens de deviner….attends….La Pratique au Service de la Théorie, avec son dynamisme, sa variété et ses mélodies prestigieuses, n’est-ce pas ? En effet, je pense que c'est « La Pratique au Service de la Théorie », c'est aussi mon titre préféré, car il suinte de force et de détermination. Il ne m'a pas demandé plus de travail que les autres, mais c'est le plus original je trouve. La mélodie du début est très épique et me fait penser à un chant de marin ! Les paroles sont tendancieuses avec une touche de nostalgie, avant de devenir carrément délirantes dans la seconde moitié du morceau. Goebbels : La Pratique au Service de la Théorie, j’aimerais bien écouter votre interprétation personnelle du titre ? C'est une phrase on ne peut plus logique. C'est une chanson où l'aspect physique est très dominant. J'y mets en scène une version de moi exagérée dans l'aspect prosélyte et propagandiste. En même temps j'inclus une autre personne que j'ai côtoyée pendant pas mal de temps, avec qui j'entretenais une relation particulière. Je la fais parler à plusieurs reprises : « elle a hurlé : je vous déteste mais ne peut vous quitter » C'est presque un conte, une histoire même un fantasme où ce que je raconte rallierait non pas comme le messie, mais comme un paternaliste fermé, qui donne sa vie pour sa communauté restreinte. La pratique au service de la théorie, traduit des actes pas forcément glorieux, la guerre, le nettoyage, qui sont justifiés par l'objectif à atteindre : la prospérité. C'est totalitaire, c'est de la dictature et c'est sensuel parce que le porte-parole (moi) ne veut pas une masse de gens derrière lui, mais des personnes avec qui il fusionne par le regard, par la symbiose des idées. Goebbels :Malheureusement, je n’ai pas pu mettre une oreille pensive sur votre album La Liberté Guidant le Fer. Dévoilez-nous un peu son univers, son atmosphère, le processus de la composition, le topic traité et surtout ses particularités par rapport aux Chants ? En fait « La liberté guidant le fer » est sortie en Tape album sous Dernier Bastion sous le nom « De la Gloire ». C'est totalement dans la continuité des « Six Leçons » sur le fond comme la forme. Le processus de composition est identique, on garde quelques compositions et on trouve qu'elles vont bien ensembles, alors on en fait quelques autres. L'enregistrement s'est fait en une semaine. Actuellement on enregistre un album qui prendra le titre « La liberté guidant le fer » et qui sortira en CD chez Dernier Bastion. C'est pour nous un album qui sera décisif, sur lequel les batteries sont réelles, le son totalement nouveau et personnel. On va y reprendre les trois titres principaux de la Tape « De la Gloire ». L'album CD devrait sortir fin 2009, mais avec le travail que je compte faire sur l'artwork je ne peux rien confirmer. En tout cas il va résumer tout notre travail au sein des CDN depuis « Les six Leçons » jusqu'à maintenant, et l'organiser aussi, l'officialiser en tant que projet sérieux et à forte identité. Goebbels : Vous officiez avec Mist dans deux autres formations "Legion Mortifiere " et "Blacksphem Bride". Tracez-nous un peu le chemin de ces deux groupes ? Blacksphem Bride est un groupe que l'on a créé au collège, durant notre enfance... quand on a commencé à écouter du metal, puis du black metal. C'était du black sympho gentil. Ce projet nous a fait grandir et progresser énormément. C'est avec ça qu'on a appris à faire de la musique extrème. J'y officiais avec Mist et Logan. On s'y est énormément investis. Et puis quand on s'est rendu compte que c'était prétentieux et un peu gamin, je me suis mis à faire des morceaux de true black violent dans mon coin. Le premier morceau je l'avais nommé « Legion mortifere ». J'en ai fait quelques autres, et puis j'ai voulu partir sur cette base pour monter un vrai groupe. J'ai donc recruté mes camarades de Blacksphem Bride, qui sont aussi mes meilleurs amis. On a commencé Legion Mortifere avec une boîte à rythme, puis on a recruté un batteur : Orias. Ce type là a un niveau qu'on aurait jamais espéré pour des novices comme nous. Il nous a permis d'en arriver où nous sommes à l'heure actuelle, c'est à dire un groupe amateur qui fait la différence par la capacité à aller vite, ce qui freine pas mal de groupes dans ce milieu. Et puis Mist et moi, désormais en manque d'atmosphères car jouant du black metal pur et dur, on a créé Les Chants de Nihil, en commençant par des morceaux lents inspirés de Burzum principalement ou Nargaroth... voilà toute l'histoire ! Pour en revenir à Legion Mortifere, c'était vraiment brut au début, en 2007 sur notre démo, nos premiers morceaux avec que des blast beats à la batterie ou des roulements de grosse caisse. Et puis j'ai peaufiné les mélodies et les textes, et maintenant on nous reconnaît aussi pour ça et j'en suis très content. Logan a quitté le groupe en février 2008 ; on a fait quelques concerts à trois membres : moi au chant et guitare, Mist à la Basse et Orias à la batterie. Et récemment on a un nouveau guitariste : Lokogenes, plus connu sous le nom de « Black Messiah » ex-chanteur de Seth. Pour des problèmes de distance, Orias va nous quitter après notre prochain concert au festival Emolocaust en octobre 2009, on pense faire une petite pause après ça pour progresser dans nos instruments respectifs, et puis revenir soit sur la scène locale avec un nouveau batteur trouvé dans notre région, et recommencer là où on était restés ; ou alors tourner en France avec Alsvid (ancien batteur de Seth et Enthroned) qui est un proche ami de Lokogenes... je verrai comment les choses vont évoluer, en fonction de nos activités à Mist et moi, études, travail... Goebbels : Parlez-nous un peu de ces trois mots : Homme, Religion, Mort ? L'homme, un animal comme les autres, et un peu plus que ça en même temps. Je ne suis pas misanthrope, cependant je n'aime pas tout ce qui fait que l'homme sorte de la nature. C'est aussi à cause de la créativité qu'on en arrive où nous en somme actuellement. Notre capacité d'abstraction est une chose formidable, elle nous permet de résumer des lois sous des formules mathématiques, de faire de la musique, de la peinture. Le prix à payer est que chaque individu ait une identité et veule l'affirmer. Ça crée la haine et la concurrence. C'est aussi cette imagination qui fait la religion, la peur de la mort et des autres phénomènes naturels. On peut solliciter les bonnes grâces de dieu, c'est l'avantage, car on a aucun contrôle sur la nature. C'est comme croire au Père Noël, si on est gentil on a des cadeaux. Je n'ai pas grand chose contre la religion, quand ça reste personnel. Mais on ne devrait pas avoir à subir un Jesus crucifié à chaque coin de rue, c'est une injure à notre intégrité à tous. La mort... un phénomène naturel comme un autre, la désorganisation de nos molécules qui fait qu'on ne peut plus penser. C'est ça qui fait peur, ne plus pouvoir imaginer, et comme l'imagination est un concept immatériel, rien de matériel ne peut normalement l'entraver. Alors on a imaginé l'âme comme immatérielle aussi, et éternelle. Je me souviens qu'en étant enfant je n'arrivais pas à concevoir que ma personne pourrait ne plus être consciente, morte... alors il me paraissait logique que j'arrive toujours à penser, dans un autre corps. Mais la science a eu raison de moi ; quand je serai mort, mon cerveau ne produira plus de signaux électriques ni chimiques et ça s'arrête là. Le seul moyen de vaincre cette fin est de vivre au travers de la mémoire des autres, je n'ai pas la prétention de marquer l'histoire, même si ça serait génial !
Goebbels : Vous avez un regard « positif » envers le monde ! Que dites-vous à ces personnes accusant votre vision d’être Utopique et illusoire ? Je leur réponds que j'ai plus les pieds sur Terre que la majorité des gens. Ce n'est pas envers le monde que j'ai un regard positif, c'est envers mon avenir, car je suis quelqu'un de capable et de polyvalent. Je ne vis pas dans un rêve ; mais comme j'aime bien dessiner des fées chevauchant des créatures à écailles, j'écris des paroles sur une assemblée de lucioles brandissant des torches et tenants des discours fascistes. Et puis ceux qui me reprochent d'être positif sont en général des analphabètes et célibataires endurcis ne jugeant que par le true Black Metal qui tâche... alors ça ne me touche pas plus que ça. Le meilleur est que ces gens là aiment souvent ce que fais au sein de mes groupes, sans comprendre que je me paye leur tête dans mes paroles. Goebbels : Sombre Arcane est une lutte contre l’orchestre du troupeau ! Comment voyez-vous le bétail dans 50 ans ? Entre les guerres, les famines, les idéologies extrémistes et les crises financières ? Quelles sont vos prédictions ? Je ne porte pas vraiment d'attention à ce qui se passe dans le monde, je ne lis pas le journal, je ne regarde pas la télévision... je passe tout mon temps libre à être actif, à officier dans mes loisirs. Je ne suis pas réceptif à tous les malheurs du troupeau. Le bétail dans 50 ans n'aura pas changé je pense, toujours à se plaindre et à avoir peur de manquer. On va bientôt avoir des réfugiés climatiques, ça prendra plus que 50 ans je pense, mais ça arrivera très soudainement, les puissants lutteront contre l'invasion des pauvres, comme actuellement, mais en pire et en avançant d'autres arguments. Pour ça il y en a qui ont toujours de l'imagination. Goebbels : Le néant vient de nous entourer, quelques derniers mots avant de nous annihiler… Et bien je suis agréablement surpris de recevoir votre questionnaire, qui est assurément le meilleur auquel j'ai répondu. Content aussi de voir que ça vient de l'étranger, et d'un pays que je pensais très détaché de ce genre de musique. J'espère que Les Chants de Nihil vous surprendront aussi, par notre prochain opus qui sera plus inspiré que jamais !
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