| Be Persecuted - End Leaving |
|
|
|
| Écrit par Goebbels | |||
|
Partager
Peur qu’il arrive quelque chose ? Mais que pourrait-il encore arriver ? Si l’on se disait bien avec leur premier album qu’ils étaient plus qu’à suivre, Be Persecuted nous assure que les grandes vérités se disent sur le seuil des maisons. Honnêtement, j'attendais impatiemment ce nouvel opus des Chinois, et pour être franc, la première écoute n'a pas été évidente. Exit la surabondance de guitares sales et de riffs inaudibles, ceux-ci sont relégués au second plan pour laisser place à un récit beaucoup plus propre et "soutenu". Essayons de rendre les choses plus saisissables : Imaginez deux ou trois riffs basiques sur lesquels se greffent des sons, assez circonspects au début puis de plus en plus distordus jusqu’à produire le Déluge. Les marques s'effacent et les cris (à la Meyna'chRemains of a Ruined, Dead, Cursed Soul), dont seule la disparition du ciel pourrait les consoler, s’entremêlent. Là se superposent d’autres mélodies suivant le même schéma. Devant cette tautologie cosmique, chaque son participe à la construction d’un véritable édifice sonore. Il ne faudra que le morceau d’introduction pour comprendre instantanément sur quel cheval nous sommes tombés. Le groupe lâche ses nappes ambiantes marquant le premier album et les exilent à la marge de la composition. Ensuite, The Last Right reprend le flambeau et ravive la flamme sur un tempo ultra rapide mais beaucoup moins poussiéreux que sur I.I. La chaleur étouffante de ces charges sauvages se trouve très vite dévorée par des notes assez "capricieuses" semblant prendre forme au gré des envies, douceâtres et mornes à la naissance puis véloces et volatiles à l'instant suivant. All End Soon entraîne l’auditeur dans un faux joyeux défouloir. Un solo de batterie inattendu et totalement inouï déboule dans vos enceintes à la vitesse d'une horde sauvage qui dévaste tout sur son passage. La technique n’est pas extraordinaire, mais ce n’est absolument pas un véritable centre d’intérêt. Il s’agit plutôt d’une intelligente alternance entre la violence d’un Raw DSBM toujours dissonant et bourdonnant, et des ambiances transitoires parmi lesquelles s’inscrit cette ouverture. Bref, c’est le genre de titres clamant haut et fort toutes les influences des membres, ce qui a pour effet de ceinturer la camisole de force… Sur cette page immaculée, le mot Burzum doit apparaître. La nostalgie d’un certain Filosofem flotte toujours à la surface et un certain croisement entre ce groupe et un bon nombre de formations comme Bilskirnir ou Make A Change... Kill Yourself me parait indiscutable. Le reste de l’album s'articule sur les mêmes chairs rouillées avec une voix un peu écartée par rapport au reste sur le titre éponyme et un down tempo extrêmement similaire à Some How de I.I. sur Swirl. Et si la clôture avec Curtain Call dure cinq minutes, ses quelques notes et son orage hanteront nos crânes pour le reste de la journée. Enfin, c’est à l’écoute globale que l’on se rend compte que l’offrande toute entière évolue selon un mouvement circulaire, sorte de progression vers quelque chose de toujours plus nihiliste et inhumain… Mieux vaut une vraie tristesse qu’une fausse joie, tel est le but d’un second méfait plus accessible et soigné que son prédécesseur. Un véritable sanctuaire ou même les anges y viennent se consoler. A idolâtrer…
MySpace : http://www.myspace.com/leavingbp
|