| Abyssmal Sorrow - Lament |
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| Écrit par Goebbels | |||
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Alors même que je suis pris dans une impasse, alors même que le BM me semble désormais résigné à un chemin déjà tracé, conventionnel et finalement assez creux : la lumière m’apparaît enfin, la corde pour sortir de cette abysse : Abyssmal Sorrow. Reposant sur une assise Black/Funeral Doom, ce duo Australien relativement peu connu choisit pourtant un chemin des plus glissants. Car renoncer à cette logique typiquement black-métalienne de l’évolution par le minimalisme pourrait leur attirer les foudres des contre-évolutistes, comme une pensée nouvelle se voit fustigée par le troupeau avant d’être considérée comme héroïque, combattive, en avance sur son temps. Sous une optique différente, voyons voir ce que leur premier album Lament a à offrir. "Bound In Lifeless Affliction" commence sur une mise en abîme. Un son lointain qui s’approche… Les contenus s’ouvrent et les formes s’échappent, la conscience la plus avertie s’égare et le désarroi gagne du terrain. Nous applaudissons une base Doom des plus classiques, quasi simpliste, avant de la voir engloutie sous des violences sonores dérangeantes. Pire encore, c’est une véritable atmosphère cadavérique qui s’installe, similaire au Dawn of the Dead de Romero : Un chant très similaire à celui de Funeral Mourning nous renvoie au rang d’insectes. Gourmand en sensations, capable d’ouvrir les querelles les plus cinglantes, il nous replonge dans les tréfonds de notre enfance, par le truchement de ses émotions naïves depuis refoulées. On sent dans ses résonances, assez originales, quelque chose d’incroyablement désespéré voire tragique, une sorte de tremblement injurieux à la limite de l’obsessionnel. On note toujours des transitions acoustiques qui nous rappellent encore des titres comme "Winds of Unknown Existence" ou "Drown in Solitude" chez "Funeral Mourning". Notons, une batterie assez discrète qui apparaît en second plan posant un peu plus encore ce climat d’emphase sur la vacuité de nos existences, omniprésentes et oppressantes. Ainsi, nul ne nous sauvera de ces riffs Black Metal à la Dictator et nul ne sera plus blessant que ce down tempo dont la fluidité est poussée à son paroxysme. Tous les quatre premiers titres jouissent de la même précipitation dans les ténèbres. Cependant, il faut attendre "Austere Lament Pt. One" pour que le combo nous pousse dans les reins au-devant de l’effondrement. C’est la rêverie éphémère d’un enfant qui est en proie à des délires insupportables faites de notes acoustiques en perpétuel changement telles, pour lui, la concrétisation existentielle de ses démons. Enfin dans ce titre, nous voilà saisis par cet évènement tragique : « You have to kill me ». Ce sample résonne comme le glas d’une existence déchirée, nous voilà bientôt poignardés par cette ambiance cathartique : il ne s’agît plus de sacrifice, c’est un véritable abandon du soi au nom de. Quant à lui, l’incertain "Austere Lament Pt. Two" clôture l’album sur une synthèse de tous les éléments investis. Il inclut même la recette poursuivie dans le premier Ep et qui a dessiné en quelque sorte leurs lignes de défense. Thématiquement parlant, l’expression du peintre néerlandais Bram Van Velde "Quand le pire a été évité, c’est nécessairement faux quelque part.", me parait absolument représentative l’univers des australiens...Cul-de-Sac. Au final, voici un album qui a voulu restaurer la vigueur quasi enterrée du Black Doom, s’imposant de manière impérieuse comme triomphant ; voilà : c’est à coups de poings que je vous termine et Dieu sait que j’y suis virtuose.
MySpace : Indisponible.
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