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Accueil Interviews Interviews (Français) 2ème Interview avec Pensées Nocturnes
2ème Interview avec Pensées Nocturnes PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par Goebbels   
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Retour au combien attendu que celui de Pensées Nocturnes ! Suite à un premier album souvent qualifié comme « chef d’œuvre », Grotesque vient d’enraciner son maitre dans le champ des artistes phares. Il s’agit d’une suite logique dans sa discographie, mais une suite au résultat intense, riche, violent, passionné et surtout plus « crédible ».  A cette occasion, Vaerohn répond à nos questions, ne se dévoilant que partiellement, se faisant tour à tour musicien et philosophe.



Bonjour Vaerohn ! Cela fait quelque temps que je t’ai interviewé à propos de Vacuum et ta nouvelle offrande "Grotesque" vient de ressusciter ce véritable bonheur d’être à ton écoute.

T’as pris le risque de couronner deux ans d’existence avec deux albums. Alors, comment réponds-tu à ces quelques voix te reprochant de ne pas prendre ton temps, voire de commencer à suivre une voie commerciale ?

Mais des tours s’élèvent, des films sont réalisés, des virus virtuels défraient la chronique et des crises financières s’abattent sur le monde en moins d’un an ! Ne « pas prendre le temps » n’est pas tant un argument fondé sur le temps nécessaire à la création d’un album qu’une comparaison avec d’autres formations moins productives en règle générale. La logique la plus élémentaire conclura que ce n’est pas la durée séparant deux albums qui définit le temps que l’on y a consacré... Je ne vais tout de même pas ralentir mes productions parce que cela ne correspond pas au débit usuel de certains groupes ! Il faut aussi garder à l’esprit qu’un one man band a pour seule vocation de créer des albums ce qui rend le processus beaucoup plus cohérent et spontané.

Quant au côté commercial auquel tu fais référence, les gens propageant ce genre de calomnie n’ont absolument aucune idée de ce qui se passe dans les coulisses de la scène. Il suffit pourtant de se rendre à n’importe quel concert et de rentrer en contact avec un groupe quelconque pour s’en rendre compte. Tout le monde sait bien qu’un morceau dépassant trois minutes ou trois accords ne peut pas attirer l’attention de la populace non ?

Autant l’affirmer tout de suite, je ne gagne pas un seul centime sur la vente d’un album : balayer les rues serait beaucoup plus lucratif et je me sens assez démuni face à ce genre de critique facile. Il faut faire avec, continuer son chemin sans vraiment se soucier des ragots peu authentiques proférés par des adolescents pré pubères en crise d’ennui dans la chambre de papa maman avec comme seule ouverture sur le monde une prise Ethernet. J’accepterais volontiers n’importe quelle critique à l’encontre de ma musique ou de ma démarche mais pas le manque de respect. Car si vous voulez continuer à ne bouger le petit doigt que pour télécharger tranquillement vos mp3, ayez au moins la présence d’esprit de respecter les passionnés qui se bougent le cul pour faire avancer les choses : labels, webzines, associations, radios, groupes… Beaucoup trop de gamins profitent du voile que constitue l’écran pour profaner des insultes plus gratuites les unes que les autres. Il est plus facile de taper sur des pompiers que sur des flics…

C’est le genre de chose que j’ai du mal à digérer.

Je n’arrête pas de recevoir des avis concernant « Grotesque » alors que l’album n’est pas encore disponible… Ne crois-tu pas qu’ils pourraient au moins attendre et faire semblant de ne pas avoir téléchargé l’album avant sa sortie ? Il y a même déjà des vidéos sur youtube mixant un mp3 de qualité indiscernable avec des images plus clichées les unes que les autres. Je pense tout de même avoir un peu plus de respect pour la chose esthétique et j’ai du mal à accepter de participer, même indirectement, à ce théâtre pitoyable. Mais je ferais tout de même une exception pour les enfants pourris gâtés qui voudraient que je les « aime car ce sont des fans ». Car après tout ils sont bien amusants et puis c’est aussi un peu ça le Black Metal : amour, gloire et monnaie.


J’ai lu quelques retours assez positifs dans le paquet Promo. Y’en a-t-il d’autres ? Je sais que quelques jaloux préparent leurs tomates, même avant la sortie du disque, mais parlons de ceux ayant mis une oreille attentive sur le travail entier.

Je ne sais pas vraiment. Les journalistes n’ont visiblement pas gagné le mérite d’écouter l’album les premiers.


"Grotesque" ! Tu es entré de plain-pied dans l’histoire des linguistes et morphologues en faisant sortir ce mot de son étymologie italienne (grottesca de grotta, grotte) et le faire rapprocher des dérivations impropres (même si ce n’est pas dans le sens propre du terme, mais bon). Félicitation (haha)!  Donc, parle-nous un peu de ce choix.

Mais le monde, la vie, les hommes sont grotesques ! Il suffit de prendre un brin de recul pour s’en rendre compte. Il faudrait remonter à l’Antiquité grecque pour rencontrer des personnalités conscientes de leur petitesse, de leur condition, de leur fin. Je ne parle évidemment pas de l’idéalisme de notre cher ami Platon rejetant le matériel pour vénérer le monde des idées mais de l’épicurisme, matérialisme, stoïcisme, sophisme… Nous ne vivons que pour oublier notre fin : travail, divertissement, famille ou bataille idéologique, politique ou religieuse… Tout est fait pour que nous oubliions de devoir mourir un jour.

Que dire du vieillard passant sa vie de retraité devant le petit écran depuis qu’il a quitté l’usine dans laquelle il est entré à 12 ans, de l’homme d’affaire sans cesse à l’autre bout du monde ayant échangé  les clefs de son logis contre des billets d’avion, de ces rois du pétrole ne sachant quoi inventer pour distraire leur harem en chaleur, de tout ces bons citoyens qui feront le trajet vers les urnes pour choisir celui qui se vautrera le plus dignement sur un bateau qu’ils ne pourront qu’imaginer dans leurs plus indignes fantasmes, de cette société individualiste limitant au maximum le rapport à autrui à un échange de bits, de ces journalistes qui se torturent l’esprit à savoir si le réchauffement climatique est dû à l’activité des hommes ou non sans ressentir la nécessité de faire appel à des scientifiques, de ces critiques en musique qui n’ont jamais touché une guitare ? Les hommes sont pitoyables et c’est pour ça que je vous aime.  

Tu l’as décrit en tant qu’"Avant-Garde Black Metal". Honnêtement, je pense qu’à travers cette appellation, tu veux mettre fin à l’étiquette DSBM qu’on ne cesse de coller sur le dos de ta première expérience. Alors ?

Je n’accepterais jamais ce système de catalogage et j’ai effectivement beaucoup de mal à assumer l’étiquette de « Musique Classique », de Black Metal Dépressif ou autres. Je ne sais pas ce que veux dire « Avant-Garde Black Metal », et personne ne le sait vraiment. Je n’aurais pas le courage de recenser les pages de dissertation de grande qualité cherchant à déterminer si tel ou tel groupe appartient à telle ou telle catégorie. Ca s’appelle du flyfucking et ce n’est pas tellement mon truc.

D’autant qu’en terme de Black Metal, entre autre, il est extrêmement difficile de séparer sociologie et musicologie. Mon truc c’est la musique, pas les bouquins à pages blanches.


Grotesque donne l'impression de tout avoir calculé, de n’avoir laissé aucune place à l'improvisation. L’évolution est faite naturellement, certes surtout après un Vaccum te semblant " trop simpliste". Quels sont alors les plans attaqués afin de rendre le travail ici plus "mature" ?

La principale évolution concerne le fait d’avoir appris, toute proportion gardée, ce qu’était la musique. Vacuum est l’œuvre d’un puceau du manche, d’un prétentieux qui pensait pouvoir rivaliser avec les romantiques du XIXème. Je maîtrise aujourd’hui beaucoup plus le processus de composition, d’enregistrement, de mixage et Grotesque est par conséquent plus personnel et original. Plus crédible aussi.


La création artistique globale de l’album est régie par les mêmes règles proposées un an auparavant sur Vaccum. Cela n’empêche qu’il ne jure qu’avec l"innovation" et le "non-conformisme" rebelles même à la simplicité de son prédécesseur. Alors, parle-nous du schéma suivi afin d’obtenir cette envergure ascendante.  

Il faut garder à l’esprit que je ne connais rien à la musique, en tout cas à la théorie de la musique. C’est sûrement un défaut qu’un auditeur averti reconnaîtra mais c’est à mon sens mon plus bel avantage : tout ce que je compose n’est qu’expérimentation. Je ne passe pas mon temps à chercher à copier tel ou tel groupe mais plutôt à suivre n’importe quelle idée trottant dans ma tête. Je la travaille, je l’enregistre et si ça vaut le coup je la garde, sinon on essaie autre chose. Je ne m’impose aucune contrainte et pour cela la structure de one man band est indispensable : comment peut on innover avec deux guitares et une basse ? Il faut chercher ailleurs, n’importe où, n’importe comment, tant que ça vaut le coup d’être tenté.


Absolument ! Si non, tu as envisagé d’incorporer plus de musique baroque. Elle est omniprésente, voire ton meilleur cheval de bataille. Est-ce, ici, une façon de ressusciter les temps auxquels appartiennent les ancêtres du monsieur Grotesque (la condamnation de ton personnage) ou une nouvelle sculpture d’identité contre les mouvements puristes ?

Je ne sais pas ce que tu entends par « musique baroque ». Il s’agit pour moi de la musique de cour du XVIe / XVIIe siècle composée par les lève-culs à perruques du roi : Vivaldi, Bach, Monteverdi pour imager. Si l’on s’accorde ici sur la définition j’aurais du mal à te rejoindre. Pensées Nocturnes c’est la recherche de l’incongru par un surréalisme absurde et dissonant, mêlant des styles incompatibles et bien peu préoccupé par l’été, l’automne ou l’hiver. J’espère ne pas donner l’impression de ressembler à ces tartuffes à paillettes qui n’aurait de Black Metal que l’odeur.


Excuse-moi mais à mon avis le mot baroque se conjugue bien avec ton travail. Je l’ai employé ici pour souligner son caractère divergent, irrégulier et surtout inattendu. D’ailleurs, si on revient à l’étymologie du terme, barus signifie divergent. A vrai dire, je n’ai pas voulu mettre l’accent simplement sur une inclusion de la musique classique mais sur la manière avec laquelle elle est inclue (il y a par exemple des pistes où on n’attend pas son apparition ou des éléments assez variés interviennent en même temps et c’est qui fait spécialement l’originalité, à mon sens au moins, du Grotesque par rapport à Vaccum).   

Si non, je ne te cache point mon bonheur de voir le front renforcé par une voix claire. Comment vas-tu la décrire à quelqu’un qui n’a pas encore écouté "le second méfait" ? Est-ce une expression différente du "Des-espoir" ? Que veut-elle marquer ?

La voix avec ce côté grandiloquent, théâtrale à la fois arrogant et faux fort agaçant est une réponse aux nombreuses critiques reçues sur le chant dans Vacuum. Faire une musique la plus propre possible et la gâcher par une voix pourrie en quelque sorte. Je suis assez fier du résultat.


A travers ce packaging original et conceptuel, y'a t'il une volonté d'aller au-delà de la musique ? Créer un objet d'art encore plus qu'un disque ?

Sûrement, mais il faudrait demander l’avis de nos amis blogueurs et compagnie.


Haha! Changeons un peu la voie de cette conversation ! Une passion pour la mythologie se dévoile à travers l’onomastique des titres. De plus, j’ai remarqué ta volonté de faire croiser des mythologies différentes (Rahu, mythologie indienne - Eros, mythologie grecque, - Thokk, mythologie nordique, etc.) Qu’est ce qu’il se cache derrière ce choix ?

Contrairement aux religions monothéistes, frustrées et castratrices par cette autorité d’un Dieu unique, les mythologies ont toujours tenté de combler l’ignorance des hommes par une imagination débordante. Malgré les progrès de la science et donc notre regard beaucoup plus averti sur notre monde et notre condition, je pense qu’elles n’ont pas perdu de leur intérêt. Elles sont entre autres des sources intarissables de métaphores.


Les dieux symbolisent souvent le TRAGIQUE voire de l’invincible tandis que le Grotesque s’avère comme une concrétisation du COMIQUE. Est-ce ta façon d’exprimer le malaise de ton personnage fictif condamné à vivre dans un troupeau méprisant et sous un ciel gouverné par des dieux terrifiants ?

Mais le grotesque est tragique ! Pour l’optimiste tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pour le pessimiste tout est perdu d’avance, il ne sert à rien de se battre. Le tragique voit quant à lui le monde tel qu’il est et accepte de composer avec. L’humour et la désillusion sont donc parties intégrantes du tragique qui ne cherche pas à se voiler la face sans arrêt.


J’ai repris Grotesque au sens théâtral du terme. Pour être plus précis, je fais allusion à Aristote et à sa Poétique lorsqu’il décrit la comédie en tant que symbole du "laid" et du "grotesque". Si non, je partage entièrement ton avis, le réel et le tragique se rejoignent. Il s’agit d’un homme qui vit non au-dessus de la vie ni au-dessous mais plutôt contre (et il faut admettre avant le réel pour pouvoir le contrarier)…

Revenons ! J’étais surpris de voir Eros figurant dans ton album. Il intervient même en quatrième position, juste au milieu. Peux-tu nous en dire plus?

Quel est le problème ? L’amour n’est pas assez « Black Metal » pour figurer dans un album du genre ? Il ne faut pas nécessairement voir ici une de ces passions emplies de bons sentiments qui affluent dans la télévision et les magazines féminins. L’amour a conduit aux plus grand massacre de l’humanité, aux plus rayonnants autodafés, à la destruction et la pulsions de mort. C’est une des choses les plus grotesques, les plus malsaines et aliénantes qui puissent arriver à un être humain. Grotesque suit une histoire bien définie, parcourant la vie, la mort, l’amour de l’autre et de soi-même, la haine du monde et des autres, etc… Comment aurais-je pu passer à-côté de cette nécessité ? Je ne vois aucun intérêt à consacrer du temps au Christianisme, Satanisme ou tout autre déjà-vu kitch de la scène. Quitte à faire dans le subversif et le religieux il y a quand même plus prioritaire que les prêtres pédophiles aujourd’hui non ?

Haha tout à fait ! Arrivons maintenant aux textes ! Il s’agit ici encore de poèmes remplis d’humour noir. Roland Jaccard dans "La Tentation nihiliste" a qualifié le nihiliste de quelqu’un d"ironique". Ai-je tort de dire que le terme "Grotesque" s’inscrit dans cette tradition chère aux partisans de cette doctrine?

Non évidemment. Rien ne sert de se battre contre la force des choses : le combat est perdu d’avance. Il vaut rire du monde et de notre condition. Les textes sont donc effectivement emplis d’anecdotes, de parodies, de clins d’œil plus ou moins personnels et philosophiques. Je laisse à chacun le soin de s’y retrouver.

 

Les moyens justifient la fin" (Rahu). Que veux-tu dire en renversant la fameuse formule machiavélique?

Qu’importe que la liberté l’emporte, que la paix règne sur terre, que les hommes soient égaux. L’essentiel est d’avoir un cheval de bataille, une cause à défendre, un combat qui nous procure l’intime conviction que nous avons un but ici-bas, que notre misérable existence est utile à quelque chose.  Crois-tu sincèrement que Bernadette ait quelque chose à foutre des hôpitaux ?


"La vie oscille comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui". Cette fameuse phrase de Schopenhauer est fort remarquable dès la lecture de Paria "Je suis le corbeau blanc, l’oiseau affranchi du temps, survivant de l’ennui, je deviendrais ce que je suis". Mais, comment réponds-tu à ceux t’accusant d’être enfermé dans un nihilisme passif, que les nietzschéens et même certains nihilistes "constructifs" détestent ?  

A vrai dire le passage que tu as cité fait référence au « Deviens ce que tu es » de Pindare repris par Nietzsche bien plus tard. Il faut accepter notre destin, ce que nous sommes et ce que nous deviendrons, car c’est l’unique liberté qui nous est proposée. Inutile de chercher ailleurs une autre échappatoire ou une autre fin possible, ce ne sont que des chimères, une perte de temps. Profitons du peu qu’il nous est offert et cela passe en premier lieu par l’acceptation de ce « peu ». Je ne vois pas du tout la philosophie représentée par Pensées Nocturnes comme un nihilisme « passif », bien au contraire ! Le fait de tout mettre sur la table et partir de zéro permet cette construction de soi qui, je l’espère, est incarnée par l’inventivité de PN. C’était en tout cas mon intention. D’ailleurs je te retourne la question : comment serait-il possible de concilier art, créatif, et nihilisme passif, destructeur ?

Pardon l’ami mais de passif à destructeur, on passe d’un nihilisme à un autre. D’ailleurs si on enlève à ce terme son usage ordinaire voire vulgaire, il peut engendrer une certaine vision de l’art qui peut être créative. N’oublie pas que Nietzsche nous dit qu’une création est toujours une "confession" de son auteur. Donc, on écrit comme on est et ce n’est pas seulement lorsqu’on a trop de force mais également trop de faiblesse (à laquelle on peut ici accorder le mot passivité).  Il n y a que l’autobiographie dans la création même celle de la passivité. Je ne veux pas détourner le sujet mais je dirais que tout dépend du contexte quoi. Pour la destruction, il me semble que le nihilisme russe a aliéné ces deux concepts…mais ce qu’il me gène ici c’est que certaines personnes reprochent au nihilisme d’être une doctrine refusant de quitter "le ciel des idées" et se contentant par quelques phrases qui font rêver et quelques images qui font pleurer. D’ailleurs, André-Comte Sponville affirme que ses partisans ne cessent de crier "le monde crève alors que ce sont eux qui viennent de crever"… Comme tu vois le monde, il te voit quoi ! Comment réagis-tu lorsqu’on t’assimile ou peut être te réduit à ces visions ?

 

Une musique, un album, une production, un enregistrement sonore, ce sont des idées ? Qu’est plus matériel que la vibration des molécules provoquant cette minime propagation d’énergie permettant par là même le son ? L’art ce n’est pas du vent, c’est la matérialisation visuelle, sonore, solide d’une idée. On en revient à la question précédente.


Roland Jaccard décrit le nihilisme comme « une philosophie radicale que celle du désistement, de la désertion : Elle refuse de composer. Elle rêve d’une euthanasie planétaire. Mais elle en rêve avec malice, comme si elle voulait encore mesurer l’étendue du désastre ». Que penses-tu de cette proposition et puis-je entendre la tienne ?

Je pense que l’on a pas mal abordé le sujet au cours des questions mais j’ai du mal à assumer un mot avec tous les sous-entendus qu’il contient. Je ne suis pas du genre à adopter une mouvance, un parti politique ou une idéologie dans leur totalité car il est impossible d’être en accord avec l’ensemble des aspects qu’ils contiennent. Que veut dire être socialiste, être libéral ? Se plier à toutes les décisions de quelques individus ? Ou alors imposer sa propre vision aux autres ? Ce que je veux dire c’est que je n’ai pas envie d’étudier de fond en comble toutes les nuances et les définitions du nihilisme pour pouvoir  dire :« Ca y est ! Moi je suis défendeur de telle philosophie, je la connais parfaitement. ». Ca marche plutôt dans l’autre sens : je ne vais pas faire des concessions car la définition ne me correspond pas : je vais adapter la définition à mes convictions. C’est la même chose pour les styles musicaux, les communautés… Qu’importe ce qui s’est dit avant moi, ce qu’on a pensé avant moi. On perd à mon sens beaucoup trop de temps à redéfinir sans cesse les choses, à discutailler pour savoir si untel ou untel a raison en citant des auteurs du passé. Si un mot ne correspond pas à ce que l’on désire exprimer plutôt que d’y plier il est quand même plus simple d’en créer un nouveau… Je ne suis pas nihiliste.


Face à un album qui "s’écoute et non que l’on entend", la liste des questions doit être beaucoup plus longue que celle-ci mais je ne veux pas rendre l’interview plus fleuve et laisser d’autres collègues en chômage (haha). Alors, quelques mots pour finir ce "funeste ivrogne qui soupe ce soir"…

Merci à toi Djihad et bonne continuation à ton Zine.




 

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